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Cancer du sein précoce pN0/pN1 : 70% de chimiothérapie évitée par un test génomique

L'étude de cohorte LISE a évalué le bénéfice en vie réelle d'un test génomique en prélude à une décision thérapeutique chez des patientes avec un cancer du sein en stade précoce pN0/pN1. En substance, il apparaît qu'environ 70% des patientes évitent la chimiothérapie et ses effets secondaires. Cette étude est le prolongement attendu des essais cliniques randomisés TAILORx et RxPONDER validant l'intérêt du test Oncotype Dx portant sur l'analyse de 21 gènes et destiné à évaluer le risque de récidive d’un cancer du sein à 10 ans et le bénéfice d’un traitement par chimiothérapie.

Dans le suivi d'une chirurgie, peut se poser la question du bénéfice d'une chimiothérapie en traitement adjuvant. Des études ont en effet montré que près de 70 % des femmes atteintes d'un cancer du sein à un stade précoce n'en retirent aucun bénéfice en terme de survie. Cette conclusion se fonde sur le résultat d'un test génomique réalisé à partir d'une biopsie de la tumeur. Le test s'appuie sur 21 gènes pour évaluer le risque de récidive à 10 ans et la pertinence d'une chimiothérapie. Des essais cliniques comme MINDACT, TAILORx ou RxPONDER ont validé l'intérêt de cette approche. Elle est aujourd'hui citée dans les algorithmes de traitement du NCCN pour les patientes sans ganglions et pour les patientes post-ménopausées, ganglions positifs, avec une recommandation de "strongly consider".

 

Une majorité de stades pN0

LISE est une étude1 observationnelle incluant 3.122 patientes avec un cancer du sein diagnostiqué entre janvier 2010 et décembre 2021. Toutes les caractéristiques démographiques, cliniques, les traitements et les pronostics de ces patientes ont été analysés. Dans une analyse intérimaire, le test génomique Oncotype DX a été réalisé chez 231 patientes (19,9%) des 1.160 éligibles HR+/HER2-. Les caractéristiques de la tumeur étaient les suivantes : pT1a 0,9%, pT1b 12,8%, pT1c 58%, pT2 27,9%, pT3-4 0,5%. La majorité des cas (78,4%) était pN0, 8,6% étaient pN1mic et 13% pN1. Un grading selon Scarff-Bloom-Richardson donne 16% des patients en SBR I, 68,5% en SBR II et 15,5% en SBR III. Des sous-types luminal A et luminal B HER2- sont présents chez 31,1% et 68,8% des patients. Une analyse multivariée révèle un usage plus important du test génomique dans les tumeurs pT1C ou pT2, avec un Ki-67 ≥ 20% et un grading SBR I – II.

 

 

 

Influence du RS sur la décision thérapeutique 

Le Recurrence Score (RS) joue un rôle majeur chez toutes les patientes (pN0 - pN1). Le taux de patientes sous hormonothérapie (HT) seule passe de 29,7% avant test génomique à 79% après test génomique, le taux sous association chimiothérapie (CT) +/- hormonothérapie (facteurs discordants ou risque intermédiaire) passe de 60,7% à 21% et sous association CT + HT de 9,6% à 21%. Chez les patientes pN0, le taux sous HT seule passe de 27,8% à 77,5%,  sous CT +/- HT de 65,7% à 22,5%, soit une réduction de 69% de l'usage de la CT. 

Chez les patientes pN1mic -pN1, le taux de patientes sous HT seule passe de 34,7% à 84% et de 20,4% à 16%, sous association CT + HT, soit une réduction de 76% de la CT sur base du test génomique.

 

70% de CT évitée

La conclusion est que la pratique de ce test génomique en vie réelle apporte des changements majeurs dans le choix thérapeutique. La réduction d'indication de chimiothérapie tourne autour de 70% selon les caractéristiques de la tumeur. C'est une façon de réduire le taux de sur-traitements et d'éviter aux patientes les toxicités inutiles et une qualité de vie dégradée.

 

Référence :

1.Charles C, et al. ESMO 2022;#11P

 

Dr Claude Biéva - Lien d'intérêts financiers : aucun •

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