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La vaccination contre le COVID-19 sera gratuite et volontaire en Belgique

BRUXELLES 16/11 - Chaque jour, les sociétés pharmaceutiques semblent se rapprocher un peu plus de la découverte d'un vaccin efficace contre le nouveau coronavirus. Ainsi, la société de biotechnologie américaine Moderna a annoncé lundi dans un communiqué que son vaccin contre le Covid-19 était efficace à 94.5% pour réduire le risque de contracter la maladie, similaire à l'efficacité de 90% annoncée la semaine dernière par l'alliance Pfizer/BioNTech. Et en Belgique, la vaccination contre le covid-19 sera volontaire et gratuite, une décision qui vient d'être prise lors de la Conférence interministérielle de Santé publique. L'objectif est de vacciner au moins 70% de la population de notre pays.

Les futurs vaccins seront gratuits pour les citoyens

Lorsqu'ils seront disponibles, les vaccins contre le coronavirus seront administrés sur base volontaire et gratuite à la population, ont convenu les différents ministres en charge de la Santé en Belgique. L'objectif sera de vacciner au moins 8 millions de Belges, selon un communiqué diffusé lundi par les autorités.

Les groupes prioritaires seront déterminés sur la base d'avis scientifiques et un "débat sociétal". Les vaccins étant fournis dans des flacons multidoses qui doivent être administrés le même jour, les citoyens seront vaccinés en groupe autant que possible.

Sciensano et l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé collaborent pour l'élaboration d'un plan de surveillance. À cette fin, le réseau flamand Vaccinnet sera utilisé et étendu à toutes les entités fédérées.

L'ensemble du programme de vaccination sera cofinancé par l'autorité fédérale et les entités fédérées.

Pour piloter l'opération, une taskforce "opérationnalisation de la stratégie de vaccination COVID-19" sera créée au sein du Commissariat Corona du gouvernement.

L'agence européenne des médicaments mise sur un vaccin distribué "en janvier"

L'agence européenne des médicaments (EMA) prévoit de donner son avis favorable à un premier vaccin contre le nouveau coronavirus "d'ici la fin de l'année" en vue d'une distribution "à partir de janvier", a précisé samedi son directeur.
 
L'EMA a pour mission d'autoriser et contrôler les médicaments dans l'UE. Le feu vert final, donné par la Commission européenne, permet à des laboratoires de commercialiser leur médicament dans toute l'UE.
 

L'EMA, qui table sur "6 ou 7" vaccins différents à disposition en 2021, a reçu vendredi "les premières données cliniques de Pfizer pour son vaccin", précise Guido Rasi. "Nous avons reçu d'AstraZeneca les données précliniques, celles des essais sur les animaux qui sont déjà en cours d'évaluation et enfin nous avons eu plusieurs discussions avec Moderna", énumère-t-il.

En mettant un vaccin sur le marché en janvier, ses premiers effets sur la propagation du virus "seront visibles dans cinq à six mois, essentiellement l'été prochain", explique-t-il.

"Il est évident qu'il ne sera pas possible de vacciner tout le monde, mais nous commencerons par les catégories les plus exposées, comme les personnes âgées et les travailleurs de la santé, ce qui commencera à bloquer les ponts de transmission", note le responsable.

Il juge qu'il faut vacciner "plus de la moitié" de la population européenne pour "pouvoir assister à un déclin de la pandémie", ce qui nécessitera "au moins 500 millions de doses en Europe". Pour vacciner tout le monde, "cela prendra au moins un an" et "si tout se passe bien à la fin de 2021, nous aurons une immunisation suffisante", ajoute Guido Rasi.

Efficacité des vaccins en cours de développement

Lundi, la société de biotechnologie américaine Moderna a annoncé que son vaccin contre le Covid-19 était efficace à 94.5% pour réduire le risque de contracter la maladie, similaire à l'efficacité de 90% annoncée la semaine dernière par l'alliance Pfizer/BioNTech.

Cela signifie que le risque de tomber malade du Covid-19 a été réduit de 94.5% entre le groupe placebo et le groupe vacciné du grand essai clinique en cours aux Etats-Unis, selon l'analyse des tout premiers cas: en l'occurrence, 90 participants du groupe placebo ont attrapé le Covid-19, contre 5 dans le groupe vacciné.

Si ce niveau d'efficacité était le même dans la population générale, ce serait l'un des vaccins les plus efficaces qui existent, comparable à celui contre la rougeole, efficace à 97% en deux doses, selon les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

Par comparaison, les vaccins contre la grippe ont oscillé entre 19% et 60% d'efficacité dans les dix dernières saisons aux Etats-Unis, selon les CDC.

Le vaccin de Pfizer aurait une efficacité de 90%, et le vaccin russe Spoutnik V de 92%, selon des résultats préliminaires communiqués la semaine dernière.

Aucun malade grave du Covid-19 n'a été enregistré parmi les personnes vaccinées, contre 11 dans le groupe placebo, selon le communiqué de la biotech.

Selon Moderna, environ 9 à 10% des personnes vaccinées ont eu des effets secondaires après la seconde dose tels que fatigue, courbatures, ou rougeur autour du point d'injection.

"C'est un moment charnière dans le développement de notre candidat-vaccin contre le Covid-19", s'est réjoui le patron de Moderna, Stéphane Bancel. "Cette analyse intérimaire positive issue de notre essai de phase 3 nous donne les premières indications cliniques que notre vaccin peut prévenir la maladie du Covid-19, y compris la forme grave". Mais ces résultats n'ont pas encore été évalués par des scientifiques indépendants. Plus de 30.000 participants participent à l'essai clinique à grande échelle, dit de phase 3, commencé en juillet dernier.

Et si les vaccins développés par Moderna et Pfizer/ BioNTech font la course en tête, le vaccin que développe le groupe français Sanofi contre le covid-19 pour une diffusion en juin 2021 présente, quant à lui, un autre avantage: il n'aura pas besoin d'être conservé au congélateur, a indiqué dimanche le président de Sanofi France, Olivier Bogillot, sur CNews.

Ce vaccin pourrait être distribué "dès le mois de juin 2021", a indiqué Olivier Bogillot. Les résultats des essais de phase 2 "sur plusieurs centaines de malades" devraient être rendus publics début décembre et ils ne sont pas "négatifs" pour le moment, a-t-il précisé. Si ces résultats s'avèrent positifs, Sanofi va lancer les essais de phase 3 "sur plusieurs dizaines de milliers de patients" et prendre le "risque" de "lancer simultanément la production". Les résultats de la phase 3 devraient ensuite être publiés au mois de mai. Le laboratoire ne sait pas encore s'il faudra "une ou deux doses" pour que le vaccin soit efficace.

La société Moderna prévoit quant à elle de demander une autorisation de mise sur le marché pour son vaccin "dans les prochaines semaines" aux Etats-Unis. Si le vaccin était approuvé par l'Agence américaine des médicaments (FDA), la rapidité de développement serait une prouesse scientifique, moins d'un an après la sortie probable du virus de Chine.

Il fallut neuf ans dans les années 1950 pour développer et autoriser le vaccin contre la rougeole. Dans les dix dernières années, la durée moyenne de développement pour les 21 vaccins approuvés par la FDA fut de huit ans, selon une étude parue dans la revue Jama.

En Europe, l'Agence européenne du médicament (EMA) a mis sur pied une procédure accélérée, qui lui permet d'examiner les données de sécurité et d'efficacité des vaccins au fur et à mesure de leur parution, avant même qu'une demande formelle d'autorisation soit déposée par le fabricant. Moderna est devenu lundi le troisième projet de vaccin soumis à cet "examen continu", après ceux d'Oxford/AstraZeneca puis de Pfizer/BioNTech début octobre.

Adaptation de plusieurs articles publiés par Belga. 

TOB, GFR, THA, SV, MCC • Belga - MediQuality

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