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COVID-19 et vaccins: La Commission européenne présente son cinquième partenaire

BRUXELLES 17/11 - Après les contrats d'achat anticipé déjà conclus entre la Commission européenne et Pfizer-BioNTech, AstraZeneca, Janssen (Johnson & Johnson) et Sanofi-GSK, l'exécutif européen autorisera mardi un nouveau contrat pour la future fourniture d'un vaccin contre la Covid-19, cette fois-ci développé par la société CureVac. La Commission européenne est également en discussion avec la société Moderna, qui vient d'annoncer que le vaccin qu'elle développe est efficace à près de 95% contre le nouveau coronavirus.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué mercredi que l'exécutif européen autorisera mardi un nouveau contrat pour la future fourniture d'un vaccin contre la Covid-19. Il s'agira du cinquième contrat d'achat anticipé conclu par la Commission avec des firmes pharmaceutiques, cette fois avec l'Allemande CureVac.

Le contrat portera sur la fourniture éventuelle de "jusqu'à 405 millions de doses". Il s'ajoutera aux contrats d'achat anticipé déjà conclus avec Pfizer-BioNTech, AstraZeneca, la Belge Janssen (Johnson & Johnson), et Sanofi-GSK. Depuis que la Commission a présenté sa stratégie de négociations centralisées au nom des Etats membres, elle a pour objectif de constituer un portfolio de vaccins différents. Ils en sont tous encore à l'étape des essais, et aucun n'est autorisé pour le moment sur le marché européen.

Cependant, de bonnes nouvelles ont circulé les derniers jours, provoquant des réactions positives auprès de certains experts. En effet, les sociétés Pfizer et Moderna viennent tout juste d'annoncer que les vaccins qu'elles développent ont une efficacité de 90% et de 94,5 % respectivement.  

"Résultats du vaccin Moderna incroyablement impressionnants" (Anthony Fauci)

L'immunologue Anthony Fauci a salué lundi l'annonce par la société américaine Moderna d'un vaccin efficace à près de 95% contre le Covid-19. "L'idée d'avoir un vaccin efficace à 94,5% est incroyablement impressionnante", a-t-il déclaré à l'AFP. "C'est un résultat vraiment saisissant, je pense que personne ne s'attendait à ce qu'il soit si bon".

Le Dr Fauci est le directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, qui a commencé à co-développer le vaccin dès janvier, après que les autorités chinoises ont communiqué la séquence génétique du nouveau coronavirus.

Le vaccin s'appuie sur une nouvelle technologie consistant à insérer des instructions génétiques dans l'organisme pour déclencher la production d'une protéine identique à celle du coronavirus (sa pointe si reconnaissable), et provoquer une réponse immunitaire. "Beaucoup de gens avaient des réserves" face à cette méthode "qui n'avait pas encore été testée et éprouvée", note le Dr Fauci. "Certains nous ont même critiqués pour cela".

L'alliance Pfizer/BioNTech avait déjà annoncé la semaine dernière un vaccin à 90% efficace contre le Covid-19 s'appuyant sur la même technologie. De quoi entériner, selon Anthony Fauci, la viabilité de cette dernière.

"Il reste encore beaucoup de chemin à faire", met cependant en garde le spécialiste, inquiet notamment du nombre de gens réfractaires aux vaccins aux Etats-Unis, pays le plus touché en valeur absolue par la pandémie de Covid-19.

L'importance de la confiance dans les vaccins pour endiguer la pandémie

La crainte évoquée par Anthony Fauci, l'OMS la partage également. Ainsi, la responsable de la division immunisation de l'OMS, Katherine O'Brien, a expliqué vendredi à l'AFP qu'un "vaccin qui reste dans un congélateur ou un réfrigérateur ou sur une étagère et n'est pas utilisé ne fait rien pour enrayer cette pandémie". Elle est également inquiète de la désinformation et des théories du complot qui font croître les rangs des anti-vaccin.

Un gigantesque défi logistique

Le docteur O'Brien a reconnu qu'il restait un certain nombre d'inconnues importantes concernant les candidats vaccins, comme la durée de protection qu'ils pourront offrir et peut-être tout aussi important la grande question:
"cela change-t-il la probabilité que vous puissiez transmettre (la maladie) à quelqu'un d'autre?".

L'OMS table sur l'arrivée de ces vaccins dans les mois qui viennent mais se prépare sans attendre au gigantesque défi logistique que représente l'inoculation de milliards de personnes aussi vite que possible. En attendant, l'OMS a mis au point des recommandations pour donner les premiers vaccins à ceux qui en ont le plus besoin.

"L'objectif est que chaque pays soit en mesure de vacciner 20% de sa population d'ici à la fin 2021, ce qui contribuerait réellement à répondre aux besoins du personnel de santé et des populations les plus prioritaires, puis, comme l'offre va continuer de s'accroître, nous nous attendons à recevoir beaucoup plus de doses en 2022", explique Katherine O'Brien.

L'accès dépendra aussi de la capacité à fabriquer les vaccins en quantités astronomiques, à les conditionner, les transporter parfois en les maintenant congelés à de très basses températures et ensuite à trouver le personnel
suffisant pour les injecter.

"Un vaccin très efficace, sûr et pouvant être fabriqué n'a de valeur pour la santé publique que s'il parvient effectivement aux personnes qu'il doit protéger et s'il est largement utilisé par les populations. C'est le prochain défi qui nous attend", a-t-elle estimé.

Adaptation de plusieurs articles publiés par l'AFP et Belga. 

DEM, nl/vog/rjm/lbx, MCC • Belga, AFP

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