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Débat national : comment sortir de la crise du Covid-19 ? L'avis de six scientifiques

BRUXELLES 15/12 - Dans un webinaire organisé conjointement par « Le Soir » et « De Standaard », six experts ont livré leur avis sur le risque d'une troisième vague de Covid-19. Plus de deux mille Belges y ont participé.

 
Erika Vlieghe, infectiologue à l'hôpital universitaire d'Anvers, a mené le débat en présence de cinq autres experts : Niel Hens, biostatisticien de l'UHasselt et de l'UAnvers, Marius Gilbert, épidémiologiste à l'ULB, Gert Peersman, professeur d'économie de l'UGent, Yahyâ Hachem Samii, directeur de la Ligue bruxelloise pour la santé mentale et Isabelle François, directrice de la clinique MontLegia à Liège.
 
Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du journal « Le Soir » et Karel Verhoeven rédacteur en chef du « Standaard » ont ensuite animé pendant plus d'une heure une session de questions des lecteurs.
 
Que faut-il en retenir ?
 
Les experts ont tous insisté sur le fait qu'il n'y a pas de solutions simples à la crise. Il existe diverses solutions, certaines étant meilleures que d'autres, mais la situation globale est extrêmement complexe. 
 
À propos des écoles, Yahyâ Hachem Samii, directeur de la Ligue bruxelloise pour la santé mentale, a déclaré qu'il est très important que les enfants puissent continuer à y aller. "Le problème se pose lorsque tout change rapidement. Une école doit pouvoir se préparer à des ajustements, l'incertitude est néfaste." 
 
Niel Hens, biostatisticien de l'UHasselt et de l'UAnvers estime pour sa part que les tests rapides ne constituent pas la solution miracle. "Ces tests doivent encore être validés, mais même s'ils s'avèrent suffisamment efficaces, il faudra tout de même maintenir les mesures de sécurité en vigueur." 
 
Plus de solidarité
 
Les scientifiques ont surtout plaidé pour la solidarité, la patience et une bonne communication. "Il faut continuer à faire des efforts dans ce domaine. Au lieu de se concentrer sur les nombreuses "lockdown party" et les drones, il faut mettre en avant les personnes qui respectent les règles", explique Erika Vlieghe, infectiologue à l'hôpital universitaire d'Anvers.
 
Marius Gilbert, épidémiologiste à l'ULB et Yahyâ Hachem Samii, directeur de la Ligue bruxelloise pour la santé mentale, ont tous deux souligné l'importance de construire des ponts. "L'épidémie affecte les gens de manière très différente, le discours devrait être rassembleur plutôt qu'effrayant."
 
C'est également l'avis d'Isabelle François, directrice de la clinique MontLegia à Liège, qui attire l'attention sur la nécessité de sensibiliser et d'informer, par exemple dans le domaine de la vaccination.
 
L'économiste Peersman a ajouté que le fait d'effrayer les gens crée également une incertitude en termes de consommation. "Les gens vont consommer moins par peur d'être infectés". En conséquence, le ralentissement de l'économie mondiale a été plus prononcé, ce qui suggère que les pays ou les régions ayant moins d'infections ont eu moins d'impact au niveau de leur économie. Il est donc plus rentable économiquement d'asurer la régression du virus." 
 
Il est très difficile, voire impossible de prévoir quand la vie 'normale' reprendra, estiment les scientifiques. Vlieghe, Gilbert et Hens affirment qu'à partir du printemps et du début de l'été prochain, on peut espérer de plus en plus d'assouplissements, pour revenir progressivement à une situation plus proche de la vie normale, où l'on retrouve plus de libertés. Reste à savoir si l'on veut vraiment revenir à la normale ou tirer quelques leçons de cette crise pour définir une autre normalité…Une fois que le virus aura disparu, Peersman prédit que la relance économique suivra rapidement.
 
Yahyâ Hachem Samii, directeur de la Ligue bruxelloise pour la santé mentale, estime que l'impact sur la santé mentale des Belges ne pourra être mesuré que beaucoup plus tard, "mais il y a de la lumière au bout du tunnel", a-t-il conclu. 

Belga

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