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COVID-19: le cabinet Vandenbroucke recommande de ne pas utiliser les masques d'Avrox pour le moment, Avrox réagit

BRUXELLES 24/02 - Le cabinet du ministre de la Santé Publique Frank Vandenbroucke a recommandé mercredi à ceux qui ont pris possession d'un masque gratuitement proposé par les autorités fédérales l'an dernier via les pharmaciens de ne plus les utiliser, dans l'attente de résultats d'une enquête complémentaire sur leur toxicité potentielle.

Lors de la première vague de la pandémie, le gouvernement précédent avait commandé via le département de la Défense, des millions de masques à la société luxembourgeoise Avrox. Ces masques ont été et sont distribués gratuitement à la population, via les pharmacies.

Mardi, la RTBF avait indiqué que Sciensano avait lancé une étude approfondie sur les composants qui s'échappent de ces masques et qui sont potentiellement nocifs. Comme celui utilisé dans la fabrication de vêtements, le tissu des masques a été traité avec du nitrate d'argent, qui permet de combattre les moisissures. En juin dernier, le Service Public Fédéral Santé affirmait que c'était sans danger.

Mais un avis récent du Conseil Supérieur de la Santé qui s'est penché sur l'avis préliminaire de Sciensano est moins catégorique. Celui-ci y voit un risque potentiel pour la santé et arrive à la conclusion qu'il vaut mieux ne plus utiliser ces masques, a confirmé mardi soir le cabinet du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a).

Selon la porte-parole du ministre, il n'y a, à ce stade, pas de preuve d'un danger pour la santé. La mesure est préventive. Il ne faut donc pas pour autant jeter dès à présent son masque à la poubelle. Le ministre Vandenbroucke a demandé une étude complémentaire à Sciensano et au Conseil Supérieur de la Santé.

Des 15 millions de masques en tissu commandés par la Défense à la société Avrox l'an dernier, environ dix millions n'ont pas encore été distribués: il en reste trois millions dans les pharmacies et quelque 6,5 millions à la caserne de Peutie. Tant que les résultats de l'étude complémentaire ne sont pas connus, ils ne seront pas distribués.

Réaction d'Avrox

Avrox indique jeudi "prendre acte" de la recommandation du gouvernement fédéral de ne plus utiliser ses masques gratuitement proposés l'an dernier via les pharmaciens, dans l'attente de résultats d'une enquête complémentaire sur leur toxicité potentielle. L'entreprise s'étonne toutefois "que tous les autres masques en tissu commercialisés ne soient pas concernés par cet avis".

Avrox tient à réaffirmer "avec force" que les masques livrés à la Défense "respectent scrupuleusement toutes les réglementations nationales et européennes et que les autorités compétentes avaient d'ailleurs donné leur aval pour la distribution en juin dernier".

Il n'y a actuellement "aucune preuve" que les masques d'Avrox "libèrent dans certaines conditions des nanoparticules, ni que si c'était le cas, ceci puisse causer des problèmes sanitaires", ajoute la société, qui "offrira bien évidemment son entière collaboration à l'étude qui sera menée" si cela est nécessaire.

Avrox s'étonne par ailleurs que les autres masques en tissu qui circulent sur le marché ne soient pas concernés par cet avis, alors qu'ils "contiennent les mêmes composants". "En toute logique, les autorités sanitaires devraient également recommander l'arrêt de la commercialisation de ces produits-là en Belgique par précaution, et sans aucun doute aussi avertir leurs homologues de tous les pays-membres de l'Union européenne."

 

VEF, HCA • Belga

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