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RGPD : La Belgique interrogée au sujet de la protection des données, Frank Robben dans le collimateur

BRUXELLES 09/06 - La Commission européenne a annoncé mercredi midi ouvrir une procédure d'infraction à l'encontre de la Belgique, pour des manquements au règlement général sur la protection des données (RGPD). L'information avait été révélée mardi soir par plusieurs médias.

Via une lettre de mise en demeure, l'exécutif européen demande à la Belgique de rentrer dans le rang en ce qui concerne l'indépendance de ses autorités chargées de la protection des données, soit l'APD (Autorité de protection des données).
 
La Belgique a deux mois pour remédier au problème. Si elle ne le fait pas, la procédure d'infraction peut se poursuivre via un avis motivé, puis mener jusqu'à la Cour de Justice de l'UE. 
 
"En mars 2021, Didier Reynders, commissaire à la justice, a envoyé une lettre aux autorités belges dans laquelle il faisait part de ses préoccupations quant au fait que l'autorité belge chargée de la protection des données n'était pas indépendante", rappelle la Commission mercredi.
 
"Certains de ses membres ne peuvent être considérés comme étant à l'abri de toute influence extérieure parce qu'ils rendent compte à un comité de gestion dépendant du gouvernement belge, participent à des projets gouvernementaux sur la recherche des contacts dans le cadre de la COVID-19 ou sont membres du Comité de la sécurité de l'information. Les informations fournies dans la réponse apportée par les autorités belges en avril 2021 n'ont pas dissipé ces préoccupations".
 
Selon Le Soir, les membres de l'APD qui posent problème étaient Séverine Waterbley et Nicolas Waeyaert, tous les deux chefs d'administration (SPF Economie et Bosa), ainsi que Bart Preneel (impliqué dans le Comité de la sécurité de l'information) et Frank Robben. Les deux premiers ont démissionné de leur poste à l'APD en février dernier. 
 
La réaction de Frank Robben
 
"C'est dommage que certains me prêtent à tort d'autres intentions" que celle de contribuer en toute indépendance au bon fonctionnement de l'autorité de protection des données (APD), a déclaré mercredi le fonctionnaire Frank Robben. 
 
M. Robben soulève que tous les membres externes de l'APD exercent une autre activité professionnelle, et que cela leur permet précisément d'apporter une certaine expertise. Si une personne se trouve en situation de conflit d'intérêts, elle ne participe pas aux discussions, affirme-t-il. "Je me tiens systématiquement à cette règle", a-t-il encore dit mercredi.
 
"Tout au long de ma carrière, j'ai accordé une grande importance à trouver un bon équilibre entre toutes les libertés fondamentales, dans une approche pluridisciplinaire et largement indépendante. Je maintiens cette ligne, dans n'importe laquelle de mes fonctions. Je trouve dommage que certains me prêtent à tort et injustement d'autres intentions." 
 
Frank Robben est aussi administrateur général de la Banque Carrefour de la Sécurité sociale, de la plateforme eHealth, patron de la Smals, et principal rédacteur des décisions du Comité de sécurité de l'information (CSI). Il répète que ses fonctions étaient connues lorsqu'il s'est porté candidat au Centre des connaissances de l'APD.
 
"Je regrette que les discussions dans certains médias se concentrent surtout sur ma personne et soient peu nuancées. Je pense qu'une discussion plus large doit être menée à la Chambre sur la mission, la structure organisationnelle et le fonctionnement de l'APD. Je suis disponible pour y contribuer en toute indépendance." 

Belga

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