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Une approche plus holistique et personnalisée pour les patients atteints de douleurs chroniques au dos

BRUXELLES 01/12 - Après une chirurgie du dos, 1 patient sur 3 éprouve encore des douleurs chroniques, ce qu’on appelle le Failed Back Surgery Syndrome (FBSS). Ces patients peuvent bénéficier d’un neurostimulateur, susceptible d’alléger leur souffrance. En Belgique, ce dispositif est implanté chaque année à un millier de personnes pour lutter contre ce type de douleurs. Jusqu’à présent, il n’était pas facile d’évaluer son efficacité pour le patient. Une étude du consortium DISCOVER, placé sous la direction du Pr Maarten Moens et le Dr Lisa Goudman de l’UZ Brussel, a pour la première fois analysé le sujet et a conçu un modèle destiné à prévoir cette efficacité pour chaque patient un an après l’intervention. Les résultats de l’étude ont paru récemment dans « Pain », une revue scientifique de premier plan.

Une douleur chronique est difficile à supporter, sans compter qu'elle exerce une forte influence sur la vie quotidienne.En général, l'intensité de la douleur (sur laquelle se focalisent la plupart des traitements à l'heure actuelle) n'est pas le seul enjeu pour les personnes qui en souffrent, il y a aussi son impact sur différents aspects de leur existence.  

Depuis les années 80, l'une des solutions consiste à implanter une sorte de pacemaker pour les nerfs, appelé neurostimulateur. Les médecins de la douleur en Belgique ont été les pionniers de ce traitement révolutionnaire à l'époque.

Réduction significative des lombalgies (douleurs dans le bas du dos) et des douleurs à la jambe après 12 mois grâce au neurostimulateur

Les patients atteints du Failed Back Surgery Syndrome (FBSS) après l'échec d'une opération du dos peuvent se voir implanter un neurostimulateur. L'étude du consortium DISCOVER avait comme objectif de mesurer son impact sur l'intensité de la douleur, la qualité du sommeil, le taux d'invalidité dans les activités, la qualité de vie en lien avec la santé et la consommation de médicaments un an après l'intervention.

L'évaluation des traitements de la douleur se concentre en général uniquement sur l'intensité de celle-ci, de sorte qu'une approche holistique du patient manque.Les chercheurs ont défini pour la première fois un large éventail de « holistic responses » ou des éléments qui sont importants pour les patients afin de pouvoir évaluer l'efficacité d'un traitement. Les « holistic responders » sont donc des patients bénéficiant d'une neurostimulation qui ont ressenti une amélioration dans chacun de ces domaines. Réduction de la douleur, diminution de la prise d'antidouleurs, amélioration du fonctionnement, amélioration de la qualité de vie, ce sont tous ces éléments réunis qui conditionnent la réussite.

Le Pr Maarten Moens, neurochirurgien à l'UZ Brussel explique : « L'impact du neurostimulateur sur ces 4 éléments peut désormais être prévu avec 90 % de précision. Les résultats montrent un soulagement significatif et durable de la douleur sur une période de 12 mois chez les patients souffrant de FBSS. Par ailleurs, le neurostimulateur améliore la qualité du sommeil et le fonctionnement au quotidien, mais permet aussi de réduire la quantité d'antalgiques consommés. »

Le résultat du traitement de la douleur peut maintenant être prédit sur mesure chez chaque patient

Le Dr Lisa Goudman, clinicienne-chercheuse à l'UZ Brussel, s'est servie des données des participants à l'étude pour concevoir un modèle de prévision personnalisé pour le patient et le médecin traitant qui présente un degré extrêmement élevé de précision, de sensibilité et de spécificité. Le modèle permet de prévoir, sur la base de quelques variables spécifiques recueillies lors des consultations préopératoires, si un patient peut espérer un résultat holistique excellent un an après l'implantation d'un neurostimulateur.  

Le Dr Goudman explique : « Les patients souffrant de douleurs chroniques peuvent désormais obtenir une vue d'ensemble réaliste de ce qui les attend sur une période d'un an à compter de l'implantation d'un neurostimulateur. Quant au médecin traitant, il peut proposer une approche plus personnalisée, ce qui a des conséquences positives pour le patient. »

Lisez l'étude ici

 

UZ Brussel

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