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Covid-19 : les autorités belges alertent sur la saturation des soins intensifs

BRUXELLES 23/04 - Soignants "épuisés", difficultés d'accueil pour les grands brûlés ou accidentés de la route: le ministère belge de Santé a alerté vendredi sur la saturation des unités de soins intensifs dans les hôpitaux, sur fond de pression pour assouplir encore les restrictions anti-Covid.

L'avertissement, doublé d'un appel à la population à "tenir bon" avec les gestes barrières et les restrictions de rassemblements, intervient au moment où le secteur culturel bout d'impatience pour recevoir de nouveau du public dans le respect des distances.
 
Dans les hôpitaux, le personnel des soins intensifs est "épuisé, poussé bien au-delà de ses limites", a affirmé Marcel Van der Auwera, un responsable du ministère, lors de la conférence bihebdomadaire des autorités sur la crise. Il a évoqué des soignants mobilisés à "130%" depuis un mois et peut-être encore pour "deux voire trois semaines", la troisième vague de la pandémie semblant s'étirer dans le temps davantage que les deux premières. "Ils continuent à maintenir le système en place, mais ont besoin de tous pour y parvenir", a-t-il lancé.
 
La Belgique compte quelque 2.000 lits de soins intensifs et environ 900 d'entre eux sont actuellement occupés par des patients Covid (un chiffre inchangé depuis deux semaines), ce qui réduit sensiblement la capacité d'accueil des autres malades ayant besoin de ces soins avec surveillance permanente. Selon M. Van der Auwera, il restait vendredi "82 lits disponibles" dans ces unités, ce qui menace l'hospitalisation d'un grand brûlé ou d'un accidenté de la route rapidement après sa prise en charge par les secours.
 
L'Allemagne, sollicitée par la Belgique, s'est de nouveau dite disposée à prendre des patients belges dans ses hôpitaux, d'après ce responsable. Des transferts vers ce pays avaient eu lieu en novembre. "Il est impossible d'oublier les images des hôpitaux italiens en 2020 (avec des patients en brancard encombrant les couloirs, ndlr). On fait tout pour l'éviter mais nous ne sommes pas loin de ce type de scénario dans nos hôpitaux", a encore indiqué M. Van der Auwera.
 
Le Premier ministre Alexander De Croo préside vendredi après-midi une nouvelle réunion associant les exécutifs régionaux pour évoquer la crise sanitaire. A trois jours de la réouverture des coiffeurs et à deux semaines de l'ouverture prévue des terrasses de cafés et restaurants (le 8 mai), il a exclu d'autres assouplissements à court terme. Cafés, restaurants et salles de spectacles sont fermés depuis six mois. Mais pour le gouvernement, un redémarrage complet doit rester conditionné à une stabilisation autour de 500 du nombre de malades en soins intensifs.
 
La situation est tendue notamment avec le secteur culture-événementiel qui a préparé son propre agenda de déconfinement et définit ses jauges de spectateurs pour se relancer dès mai, voire pour certains dès la semaine prochaine. 

AFP

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