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Une enquête de plusieurs universités révèle les préférences des Belges : qui vacciner en premier ?

BRUXELLES 17/11 - L’UCLouvain, la KU Leuven et l’Université de Maastricht ont interrogé un panel de 2000 Belges, pour déterminer les préférences de la population sur la priorité au vaccin contre le COVID-19. Il en ressort que les personnes les plus à risque à cause de leur santé, les métiers essentiels et les forts propagateurs du virus devraient être les premiers vaccinés. 78 % des répondant·es considèrent que le choix relatif aux publics prioritaires au vaccin devrait être réalisé par les expert·es scientifiques.

Définir une stratégie de vaccination

Lorsqu'un vaccin contre le COVID-19 sera mis à la disposition de la population, il ne sera pas immédiatement disponible en quantités suffisantes pour vacciner tout le monde. Du coup, les autorités réfléchissent à la mise en place de stratégies de vaccination selon l'âge (vacciner les plus âgés), la profession (vacciner les professionnels de santé) et l'état de santé (vacciner ceux qui ont une maladie chronique).

A qui faudrait-il donner priorité ?

Certains scientifiques suggèrent aussi qu'il faudrait donner la priorité à ceux qui sont les plus à risques de propager le virus, de façon à diminuer la transmission au sein de la population (ce qui, indirectement, protègerait les groupes les plus vulnérables). D'autres suggèrent au contraire que chacun devrait avoir la même chance d'être vacciné et que le vaccin pourrait être distribué de manière aléatoire. Enfin, il y a ceux qui prônent la priorité aux personnes actives afin de ne pas causer plus de dégâts à une économie déjà en crise.

Une étude conjointe

L'UCLouvain, la KU Leuven et l'Université de Maastricht ont donc mené une étude conjointe, basée sur un échantillon représentatif de 2000 Belges (18-80 ans), afin de déterminer les préférences de la population sur qui devrait être vacciné en premier.

Les scientifiques ont sondé les intentions des Belges selon deux approches distinctes : une priorisation de l'accès au vaccin sur base d'une liste de 8 stratégies (classement « meilleur/pire ») ; et ensuite, un choix à opérer en opposant deux personnes décrites selon des caractéristiques d'âge, santé, profession, coût pour la société et propagateur du virus (chiffres à l'appui, à savoir combien de personnes un propagateur contaminerait et combien cela couterait à la société si la personne était malade du COVID-19).

Résultats ?

Lorsqu'il s'agit de prioriser des stratégies du meilleur au pire, 3 publics prioritaires se démarquent : « les personnes plus fragiles ayant des maladies sous-jacentes, puis les professions essentielles et enfin les personnes de + de 60 ans. Les autres stratégies comme le fait de donner le vaccin de manière aléatoire, un système de ‘premier-arrivé premier-servi' ou un accès selon la capacité à payer n'ont clairement pas été retenues par les personnes interrogées » explique Sandy Tubeuf, économiste de la santé à l'UCLouvain.

Des préférences différentes en fonction de la région

Cependant, quand les chercheurs fournissent des chiffres précis sur ce qu'être un fort propagateur du virus voudrait dire concrètement, les préférences de la population se divisent en deux groupes : alors que la vaccination des professions essentielles fait l'unanimité à la 2e position, les avis divergent quant au 1er public prioritaire : les uns vaccineraient en premier ceux qui diffusent le virus alors que les autres mettent en premier les personnes avec une comorbidité.

Dans le groupe qui donnerait la priorité aux malades, on retrouve plutôt des personnes qui vivent dans les régions néerlandophones de la Belgique. Et, fait étonnant, dans l'expérimentation des choix, vacciner ceux qui ont plus de 60 ans ou ceux qui couteraient le plus à la société n'est plus prioritaire, en comparaison avec les autres sous-groupes.

Elément intéressant, il apparaît que les choix de la population ne sont pas liés à leurs propres intérêts.

Qui doit trancher ?

Enfin, 78 % des enquêtés pensent que la décision ultime du choix du public prioritaire pour recevoir le vaccin contre le COVID-19 devrait être prise par les expert·es scientifiques et non par le gouvernement (10%) ou la population (12%).

Quelle que soit la stratégie finalement choisie, il est nécessaire que la population y adhère pour que la politique de vaccination fonctionne.

 

 « La campagne de vaccination contre le COVID-19 aura plus de chances d'être couronnée de succès si la population est en accord avec les choix qui sont faits » confirme Sandy Tubeuf, UCLouvain. 

 

UCLouvain, KU Leuven et l'Université de Maastricht

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