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Cancer du sein métastatique HR+/HER2- Les récepteurs hormonaux corrélés à la survie sans progression

L'étude de phase III PADA-1 visait à rechercher la mutation ESR1 chez des patientes avec un cancer du sein HR+/HER2- métastatique, traitées en 1ère ligne par une association de palbociclib et létrozole. En présence de la mutation, le passage à une association palbociclib et fulvestrant était autorisé avec pour résultat une amélioration de la survie sans progression. Celle-ci est-elle corrélée à l'expression des récepteurs hormonaux ?

L'étude PADA-1 avait pour objectif de détecter l'apparition d'une mutation ESR1 chez des patientes avec un cancer du sein RH+ métastatique traitées en 1ère ligne par palbociclib (PAL) et létrozole. En cas de détection de la mutation, le protocole prévoyait de substituer l'inhibiteur d'aromatase (IA) par le fulvestrant (FUL) insensible à cette résistance. Les premiers résultats présentés au dernier SABCS montraient le bénéfice de la substitution avec une survie sans progression médiane de 11,9 mois sous FUL-PAL vs 5,7 mois sous IA-PAL (HR 0,61, p=0,005). Une analyse exploratoire complémentaire visait à voir si une expression élevée des récepteurs ER et PR est associée à une meilleure survie sans progression. Le score Allred a été utilisé sachant qu'une petite proportion de tumeurs (20%) avec un score Allred de 2 ou 3 répond à l'hormonothérapie. Ce taux monte à 50% dans les tumeurs avec un score de 4-6 et 75% à 80% en cas de score de 7-8.

 

Une expression élevée signe une meilleure PFS

Au total 73% des patientes (âge médian: 61 ans, 25% en pré-ménopause, 54% avec des métastases) sont ER+ (≥ 10%) PR+ (≥ 10%), 26% sont ER+PR-, 0,6% sont ER+PR non connu, 0,2% sont ER-PR+ et 0,2% sont non connus. Les scores Allred moyens sont 7,5 (ER) et 5,3 (PR). Les résultats montrent clairement le lien entre le niveau d'expression des récepteurs ER et PR et la médiane de survie sans progression qui passe de 16,6 mois (ER ≤ 50%) à 22,9 mois (51-80%) et 30,3 mois (> 80%). Les données vont dans le même sens pour les récepteurs PR avec 21,1 mois, 26,6 mois et 42,6 mois (> 80%). Un score Allred de 8 est synonyme de meilleure survie, comparé à un score de 0-6. En analyse multivariée, l'expression des récepteurs PR est le facteur pronostique le plus important pour prédire la survie sans progression outre l'âge et l'absence de métastases viscérales. 

 

 

La mutation ESR1, un marqueur prometteur 

Les données établissent le lien entre le taux d'expression des récepteurs ER et PR et la survie sans progression. Elles confirment aussi la place de l'inhibiteur de CDK4/6 (PAL) + IA avec une survie sans progression médiane de 16,6 mois en cas d'expression de ER < 50%. Une limitation de l'étude est le fait que le statut ER/PR est localement déterminé sans révision centralisée et sur la tumeur primitive. La suite de l'étude pourrait être de voir si le statut ER/PR est corrélé à l'apparition de la mutation ESR1.

 

Référence :

1.de la Motte Rouge T, et al. ESMO Breast Cancer 2022;#167MO

  

Dr Claude Biéva - Lien d'intérêts financiers : aucun •

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