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Témoignage d'une jeune médecin, née en Afghanistan : « Je me sens triste, angoissée mais surtout impuissante »

AMSTERDAM 24/08 - Tamana Alozai est née à Kaboul, Afghanistan, en 1994. Avec ses parents, elle a fui aux Pays-Bas pour y trouver une vie meilleure. Elle a obtenu son diplôme de médecin en 2019 et prépare actuellement sa spécialisation en chirurgie vasculaire. Elle est très inquiète pour son pays natal. Voici son témoignage.

« Les bombes et les missiles explosaient de toutes parts. C'était juste une question de temps avant que l'un d'eux ne nous frappe. Je suis née dans des conditions difficiles, dans un abri antiaérien à Kaboul. Cela peut paraître étrange mais pour mes parents, malgré cette violence, la décision de quitter la maison a été difficile à prendre. La même année, ils ont cependant décidé de fuir avec moi, aux Pays-Bas.

Aujourd'hui, l'histoire sombre se répète. L'Afghanistan revient vingt ans en arrière. Vingt ans de travail acharné, de lutte pour les droits des femmes, de construction d'infrastructures, d'amélioration des soins de santé, de création d'écoles et d'universités. Tout cela semble avoir été fait pour rien. Sans parler de la perte de milliers de soldats, policiers et civils innocents.

De retour à la case départ

Aujourd'hui, l'organisation terroriste talibane a repris le pouvoir. Le gouvernement afghan, bastion de corruption et de manque de leadership, a cédé le pouvoir aux talibans. L'armée afghane, qui était mal approvisionnée et n'était plus payée depuis des mois, s'est retrouvée littéralement les mains vides.

C'est comme s'il fallait choisir entre deux maux : un pays dirigé par les talibans ou un gouvernement corrompu. Globalement, l'Afghanistan reste le jouet d'une joute géopolitique de diverses puissances mondiales, dont les civils innocents sont les victimes.

Je retiens mon souffle. Je crains pour la sécurité de ma famille et de tous ces autres civils innocents, en particulier les femmes et les filles. Auront-ils un jour la chance, comme moi, de réaliser leurs rêves ? Je me sens triste, angoissée mais surtout impuissante. »

Tamana Alozai suit actuellement sa formation de chirurgienne. Son plus grand rêve est de retourner un jour en Afghanistan et d'aider à la reconstruction du pays. 

Tamana Alozai • MediQuality

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