Dossiers  >   Covid-19  >  Sus aux experts à la parole muselée (Dr Eric Mertens)

Sus aux experts à la parole muselée (Dr Eric Mertens)

14/08 - Vous l’avez réclamée, la voici. Nous reprenons notre newsletter dominicale sur la Covid-19. Au programme, des informations médicales validées sur la maladie, mais aussi des réflexions de fond, notamment sur les futures stratégies vaccinales. Avec à l’occasion un coup de gueule salutaire sur des mesures imposées dans lesquelles de plus en plus de cliniciens ne se retrouvent pas. N’hésitez pas à intervenir.

Le premier coup de gueule que nous aimerions évoquer est celui du Dr Stéphane Horman, médecin généraliste à Houffalize en province de Luxembourg, dont la tribune dans les journaux du groupe L'avenir nous a été transmise par plusieurs de nos lecteurs. 
 
«Il faut comparer les hospitalisations, pas les cas positifs», disait le Stéphane Horman, rejoignant en cela notre article récent où nous appelions nous aussi à davantage de transparence de la part de Sciensano. Les hospitalisations sont en effet un indicateur fiable de gravité des cas, en particulier dans un contexte où l'on teste largement, tandis que les « cas » ne sont pour la plupart que des tests PCR positifs, dont la signification clinique reste souvent très floue.
 
Le Pr Bernard Rentier, ancien recteur de l'Université de Liège, que nous citions également récemment, a d'ailleurs obtenu gain de cause dans une autre question de définition très proche, en obtenant que Sciensano communique enfin, même si c'est en toute discrétion, sur le taux de positivité plutôt que sur le nombre de tests positifs. Et de fait, une augmentation de « 60% en une semaine » est beaucoup moins catastrophique lorsqu'elle est traduite en « 3% d'augmentation ». Derrière ces deux protestations, un même constat, une même conviction: celle que l'on entretient artificiellement un climat de peur dans la population. A quel dessein, peut-on s'interroger? 
 
Oser s'écarter de la doxa? 
 
Dans un article récent, le Pr Lechien appelait les experts à davantage parler d'une même voix. La demande est louable car elle vise à ne pas semer la confusion dans la population, mais elle est aussi très pernicieuse, car le droit d'exprimer un avis dissonant doit être respecté. Disons-le tout net: il faut saluer les infectiologues ou épidémiologistes qui, sur les plateaux de télé, osent dire ce qui heurte leurs convictions. 
 
C'est ce que fait Stéphane Horman, qui va d'ailleurs plus loin encore, lorsqu'il appelle à « laisser circuler le virus ». Comme généraliste, pourquoi ne pourrait-il pas exprimer une opinion défendue par des experts tout aussi compétents pourtant que les nôtres. Devrait-il s'interdire de dénoncer, aussi, le fait que des patients atteints de pathologies urgentes subissent des retards de diagnostic et de prise en charge majeurs, en raison de mesures qu'iil n'est pas interdit de qualifier de disproportionnées. Des patients morts d'un infarctus non pris en charge en raison de la paranoïa ambiante, nous en connaissons aussi. 
 
Stéphane Horman peut-il aussi rappeler que, malgré les sermons catastrophiques entendus après les rassemblements festifs lors des fêtes de la musique, on n'a pas vu le moindre frémissement des statistiques? A-t-il le droit de penser que, tel qu'il est imposé et pratiqué par la population, le port du masque n'a aucunement fait la preuve de son efficacité? Si ce n'est pour rappeler à la population d'avoir peur. 
 
« Nul n'est sensé. Ignorez la loi ! »
 
La formule est plaisante, n'est-il pas? Et ne serait-on pas enclin à la désobéissance au vu des règlementations édictées dans le désordre le plus complet et en dépit du bon sens le plus commun. Et accessoirement dans le mépris des libertés fondamentales. 
 
Le dernier exemple est la décision de Bruxelles et d'autres villes d'imposer le port du masque sur l'intégralité de leur territoire, y compris dans des parcs où l'on ne croise personne. Une mesure arbitraire, totalement injustifiable par des arguments scientifiques, à l'instar de l'interdiction de s'aérer sur une plage déserte qui était formulée pendant le confinement. Aucun démocrate ne devrait rester insensible au désarroi de officiers verbalisateurs expliquant, devant les caméras, que cela n'a pas beaucoup de sens mais que « c'est la règle ». 
 
Arbitraire et discrimination
 
Plus loin encore: on avait connu les policiers contraints à la passivité face aux exactions de casseurs pendant le confinement, mais on instaure à présent le droit à l'activité physique sans entrave pour les seuls hypervalides, avec l'exception au port du masque pour les joggers et les cyclistes « sportifs ». On ignore si la définition est le port du short fluo. 
 
Ce que l'on apprend, en revanche, c'est que le patient qui pratique une marche quotidienne ou une promenade de revalidation se verra verbalisable. En droit, nous avons affaire à une discrimination basée sur l'état de santé actuel ou futur, ou encore une caractéristique physique. 
 
Et c'est évidemment inacceptable.
 
 
Journaliste et éditeur, le Dr Eric Mertens observe depuis plus de trente ans l'évolution de la médecine et des soins de santé en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg.
 
 
 
 
 
 
 

Dr Eric Mertens •

Pour des raisons de sécurité, votre navigateur n'est pas compatible avec notre site

Nous vous conseillons l'utilisation d'un des navigateurs suivants: