Dossiers  >   Migraine  >  Une femme sur cinq évite de tomber enceinte en raison de ses migraines

Une femme sur cinq évite de tomber enceinte en raison de ses migraines

12/10 - À en croire de nouvelles recherches, la migraine pourrait avoir un impact bien réel sur les patientes américaines en désir de grossesse. Ce problème retiendrait en effet pas moins d’un cinquième d’entre elles de tomber enceintes de peur que les médicaments qu’elles prennent ne nuisent à leur enfant à naître… ou que celui-ci n’hérite de gènes prédisposant à la migraine.

Ces résultats ont sans doute de quoi surprendre, sachant que les données disponibles donnent à penser que la migraine tend justement à s'améliorer au cours de la grossesse chez 75% des patientes. Néanmoins, il est important de s'intéresser aussi à l'autre facette qu'est la crainte de tomber enceinte… et, surtout, d'examiner quelle est la meilleure manière d'aborder les patientes migraineuses en désir de grossesse dans la pratique de terrain.

« La migraine risque de s'aggraver pendant et après la grossesse »

Les chercheurs ont demandé à 607 patientes migraineuses traitées dans un centre spécialisé de compléter une série de questionnaires au cours de la période de février 2016 à septembre 2019. Les participantes ont été interrogées de façon détaillée sur leur éventuel désir de grossesse, sur leurs angoisses et inquiétudes, sur ce qu'elles pensaient de l'impact potentiel de leurs migraines sur elles-mêmes et sur leur bébé, etc. Les investigateurs les ont ensuite réparties en deux groupes : celui des femmes qui évitaient consciemment de tomber enceintes et celles qui ne le faisaient pas. Le premier groupe recouvrait environ 22% des répondantes dont l'âge moyen était de 37,5 ans, soit significativement moins que dans le groupe qui affirmait que la migraine n'influençait pas ses projets de grossesse (où la moyenne était de 47,2 ans (!)). Sans grande surprise, les femmes qui souffraient davantage de migraines au cours des règles étaient plus nombreuses à éviter volontairement une grossesse que celles chez qui ce n'était pas le cas. Environ 72,5% des femmes qui faisaient tout pour éviter de tomber enceintes en raison des angoisses liées à leurs migraines étaient convaincues que celles-ci s'aggraveraient pendant et après la grossesse. Près de sept sur dix (68,3%) craignaient par ailleurs que leurs migraines ne compliquent le décours d'une éventuelle grossesse et 82,6% étaient convaincues qu'elles rendraient difficile l'éducation d'un enfant. L'impact des traitements antimigraineux sur le développement de leur(s) enfant(s) était également une cause d'inquiétude manifeste, tout comme la crainte de lui/leur transmettre les gènes de prédisposition à la maladie.

Mieux informer les migraineuses en désir de grossesse

Même si leur étude présente quelques limitations, les auteurs observent qu'il y a clairement du pain sur la planche pour mieux informer les patientes migraineuses qui aimeraient fonder une famille. Un premier pas en ce sens est de s'enquérir régulièrement de leurs désirs en la matière, puis le cas échéant d'ouvrir le dialogue pour proposer et recadrer l'information pertinente… mais aussi pour apaiser des angoisses aussi inutiles qu'infondées telles que la crainte que les crises ne s'aggravent pendant ou après une grossesse, alors même que les preuves disponibles tendent plutôt à démontrer le contraire.

 

Référence

Mayo Clin Proc. Octobre 2020:95(10):2079-2089. https://doi.org/10.1016/j.mayocp.2020.06.053

 
 

Pour des raisons de sécurité, votre navigateur n'est pas compatible avec notre site

Nous vous conseillons l'utilisation d'un des navigateurs suivants: